Jeanne de Courcelle de Pourlan
Jeanne de Courcelle de Pourlan nait le 2 avril 1591. Née prématurée, elle est immédiatement vouée au service de Dieu par son père. Elevée jusqu’à l’âge de quinze ans à l’abbaye de Tart dont sa tante est abbesse, elle entre ensuite chez les clarisses de Migette. Elle est maitresse de chœur de 1607 à 1617. A cette date, l’abbesse de Tart Anne de Boisselet se démet de sa charge. Le père de Jeanne de Courcelle de Pourlan lui obtient la crosse. Malgré ses réticences, Jeanne reçoit la bénédiction abbatiale, refait son noviciat et fait de nouveau profession dans l’ordre de Cîteaux en 1618. Elle prend le nom de Jeanne de Saint-Joseph[1]. La communauté est relâchée et peu encline à la vie spirituelle, à la réserve d’une seule religieuse, Mme de Longueval, particulièrement pieuse. Jeanne de Courcelle s’acharne à introduire la réforme dans ce couvent rétif. Elle est aidée par l’évêque de Langres, Sébastien Zamet. L’abbesse, soucieuse de donner l’exemple, se coupe les cheveux, s’habille en serge de laine, se dépouille de ses biens.
Le transfert de l’abbaye de Tart à Dijon est décidé en 1623 puis s’effectue dans les années 1624-1626. Dans un premier temps, seulement six religieuses acceptent la réforme. Les anciennes restent au vieux monastère. En 1625, les réfractaires rejoignent le couvent urbain. En 1626, le pape place le monastère sous la juridiction de l’évêque. Le vieux monastère rural est transformé en exploitation agricole. A Dijon, Jeanne de Courcelle de Pourlan se met en relation avec les visitandines de la ville. En 1627, le roi renonce à son droit de nomination et l’abbatiat devient triennal. Sébastien Zamet souhaite unir les deux monastères du Tart et de Port-Royal des Champs avec le projet de créer un Institut du Saint-Sacrement. Il procède à quelques échanges de religieuses entre les deux couvents en 1629-1630. Ainsi, Jeanne de Courcelle de Pourlan est pendant deux ou trois ans maitresse des novices et prieure de Port-Royal de Paris.
Le projet d’union étant abandonné, la Mère de Courcelle rentre à Dijon en 1635. L’abbaye sombre dans la misère du fait de la dévastation de ses terres par des troupes armées. Pendant huit ans, la communauté subsiste en vendant de l’artisanat de paille. Jeanne de Saint-Joseph, réélue abbesse en 1646, s’attelle à la rédaction des Constitutions, approuvée en 1650 par Sébastien Zamet. Jeanne de Courcelle de Pourlan décède en 1651[2].
[1]- Alain GUERRIER, « Quatre itinéraires de réforme en France au XVIIème siècle », dans Bernadette BARRIERE et Marie-Elisabeth HENNEAU dir. (et la collaboration d’Armelle BONIS, Sylvie DECHAVANNE et Monique WABONT),
[2]- Karine BERTHIER, « De la campagne à la ville, du XIIème eu XVIIème siècle : Notre-Dame de Tart », Dominique DINET, « Trois abbayes cisterciennes à l’époque moderne, de la fin du XVIème à la fin du XVIIIème siècle », dans Bernadette BARRIERE et Marie-Elisabeth HENNEAU dir. (et la collaboration d’Armelle BONIS, Sylvie DECHAVANNE et Monique WABONT),