Sainte Scholastique
Les seuls documents anciens relatifs à la vie de sainte Scholastique sont les chapitres 33 et 34 du livre II des Dialogues de saint Grégoire le Grand, que l’on retrouve dans la plupart des manuscrits du Moyen-Age sous le titre de Vie de sainte Scholastique. C’est à cette source unique que tous les auteurs postérieurs ont puisé, se bornant à commenter le récit du biographe de saint Benoît. A l’époque moderne, cette Vie est reprise par les érudits bénédictins dans les Chroniques et les Annales de l’ordre bénédictin, dans les recueils de vies de saints, dans les Acta sanctorum des Bollandistes, dans les Vies de saint Benoît.
Née vers 480 en Italie, sainte Scholastique est la sœur de saint Benoît. La tradition en fait souvent la jumelle du saint car ils semblent être nés la même année. Très pieuse, sainte Scholastique voue sa vie à Dieu dès sa jeunesse. Elle approuve le choix de vie de son frère et aurait fondé une communauté religieuse féminine non loin de l’abbaye du Mont-Cassin dirigée par saint Benoît. Il est possible que la communauté de Scholastique ait suivi la règle de saint Benoît.
L’histoire a surtout retenu l’ultime épisode de sa vie, sa dernière rencontre avec son frère. Chaque année, frère et sœur se retrouvent une journée dans un lieu situé entre leurs deux communautés. Ils s’exhortent mutuellement à l’amour de Dieu et à la sainteté de vie. Lors d’un dernier repas, Scholastique supplie son frère de rester avec elle cette nuit-là. Mais Benoît refuse de passer la nuit hors de son monastère. Scholastique pleure abondamment et se met en prière. Un orage éclate soudainement et Benoît ne peut plus retourner à l’abbaye. Saint Benoît et sainte Scholastique demeurent donc ensemble. Trois jours après, saint Benoît a une vision d’une colombe s’élevant vers les cieux. Persuadé de la mort de sa sœur, il envoie des moines chercher son corps. Effectivement, Scholastique vient de mourir. Saint Benoît la fait inhumer dans son propre tombeau et se fera enterrer à ses côtés. La mort de sainte Scholastique intervient vers 543.
Au VIIe siècle, les corps de saint Benoît et sainte Scholastique sont amenés en France. Le corps de saint Benoît est transféré à Fleury-sur-Loire et celui de sainte Scholastique au Mans. Ses reliques sont conservées à la collégiale Saint-Pierre-de-la-Cour. Une partie des reliques de la sainte religieuse est ensuite confiée à l’abbaye de bénédictines de Juvigny-sur-Loison par la reine Richilde qui a fondé ce monastère.
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