Antoinette d’Orléans-Longueville
La fondatrice des bénédictines de Notre-Dame du Calvaire est Antoinette d’Orléans-Longueville. Son père est Léonor d’Orléans, duc de Longueville. Sa mère, Marie de Bourbon, est cousine germaine d’Eléonore de Bourbon, abbesse de Fontevraud, et d’Antoine de Bourbon, père d’Henri IV. Née en 1572 au château de Trie, la jeune princesse est très pieuse dès l'enfance. Elle est élevée à la cour de Catherine de Médicis et mariée au fils aîné du duc de Retz, Charles de Gondi, marquis de Belle-Isle, en 1588. Ils vivent deux ans à la Cour d’Henri III mais se retirent au château de Machecoul après l’assassinat du roi. En 1596, le marquis est tué lors de l’assaut du Mont-Saint-Michel. Antoinette d’Orléans devient veuve à vingt-six ans.
Repoussant le remariage et les honneurs de la cour, elle entre clandestinement chez les feuillantines de Toulousele 23 octobre 1599 contre l'avis de sa famille. Le 31 octobre, elle reçoit l’habit et le nom de Sœur Antoinette de Sainte-Scholastique. En 1604, elle est élue prieure à l’unanimité. Elle mène une vie pauvre et cachée pendant six ans.
Sollicité par Eléonore de Bourbon, lepape Paul V la nomme coadjutrice de l'abbesse de Fontevrauden 1605. Connaissant son prestige et sa piété remarquable, le pape lui demande de rétablir dans toute sa vigueur la vie conventuelle. Antoinette d'Orléans est contrainte d'accepter. Elle arrive à Fontevraud le 25 octobre 1606. Elle occupe la fonction de Grande Vicaire pendant un an tout en conservant l’habit des feuillantines puis elle est officiellement nommée coadjutrice et doit prendre l’habit de Fontevraud en 1607.
Après la mort de l'abbesse Eléonore de Bourbon, Antoinette d'Orléans refuse de prendre sa succession. Le 26 juillet 1611, elle se retire au prieuré de Lencloître, dépendant de l'abbaye, où les religieuses sont favorables à la réforme. Sous l'impulsion de cette femme résolue et avec l'aide du Père Joseph,capucin, la communauté de Lencloître s'accroît rapidement.De 1611 à 1617, le Père Joseph se montre assidu à introduire les moniales dans la pratique de l’oraison en leur donnant de multiples enseignements sur la vie spirituelle. A Fontevraud, la nouvelle abbesse, Louise de Bourbon-Lavedan, se réjouit d'abord de ce succès mais craint finalement qu'il ne porte préjudice à son abbaye. Elle entrave l'action d’Antoinette d'Orléans qui, pour sauver la réforme, se résout à faire construire un monastère indépendant de l'ordre de Fontevraud.
Avec l'accord du pape et du roi, elle quitte Lencloître le 25 octobre 1617 et vient s'installer à Poitiers avec vingt-quatre moniales. La communauté commence alors une vie extrêmement rude. Le froid et l'humidité d'un monastère encore en travaux ont rapidement raison de la santé de plusieurs religieuses. Le 25 avril 1618, Antoinette d’Orléans meurt, épuisée par la maladie[1]. Malgré les pressions de Fontevraud qui veut reprendre sous sa juridiction la toute jeune communauté, les moniales fondatrices obtiennent de Rome des constitutions qui reconnaissent officiellement la Congrégation des Bénédictines de Notre-Dame du Calvaire.Celle-ci, grâce au soutien actif du Père Joseph, connaît un bel essor dans la première moitié du XVIIe siècle. Une vingtaine de monastères sont fondés au XVIIe siècle. Les calvairiennes sont soutenues par la reine Marie de Médicis, par le Père Joseph et par le cardinal de Richelieu.
[1]- Vie d’Antoinette d’Orléans-Longueville dans Mère Marie-Jacqueline BOÜETTE DE BLEMUR, Eloges de plusieurs personnes illustres en piété de l’ordre de St Benoist décédées en ces derniers Siècles, chez Louis Billaine, Paris, 1679, Tome 1, p. 100-142.
La fondatrice de la Congrégation des Bénédictines de N.-D. du Calvaire (primitive observance) Madame Antoinette d'Orléans-Longueville, marquise de Belle-Isle, en religion Mère Antoinette de Sainte-Scholastique, 1725-1618, par une moniale de la même congrégation, préface de Georges RIGAULT, Poitiers, Imprimerie moderne, Nicolas, Renault et Cie, 1932.
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