Héloïse
Héloïse est la fondatrice de l’abbaye du Paraclet. Jeune fille savante, son père lui donne pour répétiteur un brillant maitre de théologie, Abélard. Leur relation prend rapidement un tour sentimental. Héloïse donne naissance à un fils. Abélard accepte le mariage pour sauver l’honneur de la jeune fille mais entend que celui-ci reste secret pour pouvoir continuer à enseigner. Cela n’est pas du goût du père d’Héloïse qui rend le mariage public et fait émasculer Abélard. Dès lors, les deux amants sont condamnés à se quitter. Héloïse prend le voile à l’abbaye d’Argenteuil dont elle devient prieure.
En 1129, le monastère d’Argenteuil est réquisitionné pour des moines. Héloïse et ses religieuses sont expulsées par Suger, abbé de Saint Denis. À l’invitation de son mari Abélard, elle rassemble la moitié de ses sœurs, dispersées dans leurs familles ou hébergées par l’abbaye d’Yerres, et s’installe avec elles au Paraclet, dans le plus grand dénuement.
L’établissement qu’Héloïse projette de construire autour d’un oratoire dédié à Saint Denis est surnommé Paraclitum, au sens de consolation, dès 1130. Le terme évangélique de Paraclet vient de la traduction grecque d’une parole du Christ annonçant à ses disciples ce qu’il adviendra après sa mort prochaine : «[...] et moi, j’adresserai une prière au Père. Il vous donnera un autre intercesseur(παρακλητοσ, paracletos) qui demeure auprès de vous pour l’éternité, l’esprit de vérité. ». Le concept, commenté par Saint Augustin, est à l’origine de l’affirmation théologique de la Sainte Trinité et plus particulièrement celle du Saint-Esprit.
Le 28 novembre 1131, l’évêque d’Auxerre Hugues de Montaigu obtient du pape Innocent II le privilège qui agrée la fondation avec le nom officiel d’« Oratoire de la Sainte Trinité » et Héloïse en est nommée prieure. En 1133, Abélard rédige à la demande d’Héloïse une règle monastique féminine. En 1135, Héloïse reçoit le titre d’abbesse, bien que son établissement reste un prieuré. En 1142, Pierre le Vénérable reçoit le Paraclet dans l’ordre clunisien. La même année, Héloïse ouvre une annexe, le prieuré de la Madeleine de Traisnel. Le 1er novembre 1147, le pape Eugène III élève le Paraclet au rang d’abbaye. Héloïse décède le 16 mai 1164 et se fait enterrer sous la dépouille de son mari, au Paraclet.
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